LE BRUN MARRON DE LORRAINE
HISTORIQUE
C’est dans une région calme et verdoyante que timidement et à très peu d’exemplaire cette race a vu le jour : il faut toutefois rendre hommage à son créateur Monsieur Charles KAUFFMANN, d’avoir su malgré cela rester fidèle à sa race et à son idéal.
M. Charles KAUFFMANN résidait à Vitry-sur-orne (Moselle), petite localité noyée dans le bassin sidérurgique lorrain «SIDELOR» à l’époque. C’est au terme d’un travail de sélection d’une durée de quatre ans de 1921 à 1925 et provenant du fruit de différents croisements entre le lapin de Garenne et le Feu Noir qu’il a pu obtenir les premiers exemplaires et encore en nombre très réduit. Il les expose pour la première fois à l’exposition internationale de Metz la même année, où ils furent expertisés par une commission de juges appartenant à l’Union des juges d’Aviculture du Bas-Rhin, Haut-Rhin et de la Moselle qui leur délivra un avis favorable.
La couleur d’ensemble ressemblant au brun marron (châtaigne fraîche) leur créateur leur donna le nom de «Brun Marron de Lorraine».
Quelles sont donc les raisons qui ont fait que cette race ne s’est répandue que timidement dans notre pays ?
Tout d’abord il faut dire que le créateur n’a pas assez claironné son résultat. Ensuite et c’est encore vrai aujourd’hui, il faut bien le dire, les éleveurs ont toujours tendance à préférer ce qui vient de l’étranger. A leurs yeux c’est mieux que ce qui peut se faire en France : les races régionales telles le Normand, le Gris de Bourbonnais ou le Blanc de Hotot n’ont pas échappé à cette règle. En Cuniculiculture notre pays est aussi bien placé que d’autres et nos races ne sont pas moins bonnes que celles des autres. On ne peut obliger personne à élever telle ou telle race, mais les préférences devraient toujours tendre vers les races françaises sans pour autant déborder de chauvinisme.
Le standard du Brun Marron de Lorraine fut adopté par la Commission des Standards Lapins de l’Union des Juges d’Aviculture du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle dans sa séance du 19 avril 1931. Cette commission y apporta quelques modifications minimes qui ont reçu l’approbation du créateur. Puis quelques années plus tard vint la guerre et lors d’un nouveau tirage du Standard le 28 juin 1948, cette race n’y figurait plus, on la croyait éteinte. Heureusement ce ne fut pas le cas, de nombreux spécimens restaient encore dans l’élevage d’Oscar MULLER de Metz et dans bien d’autres encore. La race fut réinscrite dans la nouvelle édition parue en 1958.
Depuis le Brun Marron de Lorraine suit son bonhomme de chemin. Sans jamais avoir trop percée, son créateur a pu lors des dernières années de sa vie assister à la montée modeste mais cependant graduelle de sa race. Elle est toutefois assez élevée en Lorraine.
Le Brun Marron de Lorraine est donc un produit issu de différents croisements entre le lapin de Garenne et le Feu Noir. Sa viande est d’une excellente qualité et la fourrure bien dense : les femelles bonnes mères et laitières amènent toujours leur descendance à bon port.
Pour compléter cet historique vous trouverez ci-après la version originale du Standard établi par M. Ch. KAUFFMANN et soumît en 1925 à la Commission des Standards de l’Union des Juges du Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle pour agrément.
STANDARD ORIGINAL DE M. Charles KAUFFMANN
Forme : harmonieuse, svelte, non grossière.
Poids : 3 à 4 livres au maximum (1,360 à 1,810 Kg).
Tête : petite, anguleuse, chez le mâle à peine busquée, chez la femelle plus fine.
Oreilles : de longueur moyenne, proportionnée à la taille, portées bien droites.
Œil : grand, brun foncé, proéminent.
Cou : plutôt long, pas trop fort, laissant la tête proéminente.
Ongles : brun marron.
Queue : de couleur pure, presque décharnée.
Fourrure : poil court, bien fournie.
Couleur : brun marron en toute régularité sur le dos, les flancs, le brun marron sur flancs doit descendre en bas le plus possible.
L’intérieur de l’oreille est de couleur bleuâtre ; les oreilles possèdent une marque particulièrement noire qui comprend un liseré de pointes et se continue en un liseré jaune de paille, descendant aussi bas que possible sur les bords extérieurs.
Les pattes sont de même couleur que le dos ; seul le dessous (la pose) est blanc.
La couleur du ventre doit être jaune de paille ou jaune dit sauvagine.
La couleur des poils de la bourre est bleu foncé ; elle devient ensuite brun clair pour finir en brun marron.
Les poils de la jarre sont noirs.
Disqualification :
Œil non proéminent, autre couleur que brun foncé.
Toute trace de fanon.
Couleur grisâtre.
Intérieur de l’oreille autre que bleuâtre. Manque de la marque noire aux pointes des oreilles.
Couleur de la bourre à la base autre que bleu foncé.
Ongles blancs.
Voir Règlement Général.
Echelle des points :
Fourrure, oreilles comprises ……………………… 15 pts
Taille ……………………………………………… 10 pts
Œil ………………………………………………... 5 pts
Couleur uniforme ………………………………… 30 pts
Couleur de la bourre ……………………………… 10 pts
Fourrure (bien fournie, brillante, fine au touché) … 25 pts
Conditions ………………………………………... 5 pts
COMMENTAIRES A PARTIR DU
STANDARD EN VIGUEUR
Caractéristiques
essentielles à rechercher :
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Petit lapin svelte, harmonieusement arrondi.
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Taille réduite.
Sur l’ensemble des races classées dans
la catégorie des «Petites Races», le Brun Marron de Lorraine est la race la
plus petite.
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La ligne dorsale harmonieuse se termine par une
croupe arrondie.
Poids
idéal, 2 kg à 2,4 kg
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Fourrure bien dense avec un poil court.
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Tête petite et anguleuse, à peine busquée avec des
yeux proéminents.
Oreilles
relativement fines, longueur idéale entre 8,5 et 9,5 cm.
Teinte d’ensemble brun marron uniforme, descendant le
plus bas possible sur les côtés.
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Faible
débordement des pointes noires des poils recteurs.
Ce
ticking visible, régulièrement réparti sur l’ensemble du corps est cependant un
peu plus prononcé sur le manteau.
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Couleur
du ventre paille dorée
La coloration du dessous de la queue est
légèrement atténuée.
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Oreilles finement bordées de noir, paraissent bleutées sur leur surface
intérieure.
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Iris
des yeux brun foncé, ongles corne foncée.
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Sous-couleur bleutée
Egalement, très souvent présente au
ventre.
Entre-couleur « brun orangé » suffisamment
étendue et intense.
Commentaires sur la teinte d’ensemble
brun marron :
Ce
patron de coloration appartient au modèle Agouti, patron de coloration Gris
Lièvre.
Il
est le résultat d’un bon équilibre, déterminé par la superposition de zones
pileuses différemment pigmentées.
L’intensité
et l’étendue de coloration de chacune des zones du pelage ont de l’importance.
Ainsi
la chaude nuance roussâtre intermédiaire (déterminée par un brun orangé suffisamment étendue et intense)
est quelque peu assombrie en surface par le faible débordement des pointes noires des poils recteurs.
Il
est clair qu’une fourrure :
Courte, permet ce faible débordement.
Dense
et serrée, favorise à la fois l’intensité de l’entre-couleur et la répartition
uniforme des pointes noires (ticking).
Commentaires sur la coloration du
ventre :
Paille
dorée, c’est l’information du standard. Que c’est difficile de traduire par des
mots la perception d’une couleur !!!!
Essayons
d’apporter quelques précisions supplémentaires.
Paille ; nous pouvons assez bien visualiser ce
jaune
de tonalité atténuée.
Dorée ; d’après la
définition encyclopédique «jaune cuivré de l’or».
Paille dorée peut se traduire
par un jaune pâle
nuancé de cuivre (rouge
brun).
Dans
son texte d’origine M. Ch. KAUFFMANN précise que le «ventre doit être jaune de paille ou jaune dit sauvagine» (c’est
le jaune rencontré sur les renards, écureuils et fouines). Il nous apporte
aussi une information importante qui doit nous aider à apprécier la teinte du
ventre. Cet élément se situe au niveau du descriptif de la couleur des
oreilles :
«les oreilles possèdent une marque
particulièrement noire qui comprend un liseré de pointes et se continue en un liseré jaune de paille,…..».
Défauts fréquemment rencontrés :
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Développement musculaire insuffisant.
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Tête un peu ronde.
Fourrure
un peu longue.
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Couleur brun marron mal exprimée, insuffisamment
uniforme.
Présence
de poils blancs.
Mauvaise
expression de l’entre-couleur.
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Reflet bleuté de l’intérieur des oreilles peu
perceptible.
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Couleur du ventre blanc.
Jean-Jacques MENIGOZ
Membre
de la Commission
Technique et des Standards
BIBLIOGRAPHIE
La Revue Avicole mai
– juin 1986
Standard édition 2000